L’idée pourrait paraître saugrenue de vouloir choisir son GPS en fonction de la cartographie présente dedans ou en option. Sachant que l’on peut vite en perdre son latin avec des noms barbares tels que OSM, OSM enrichi, TOPO V4, IGN, vectorielle ou raster et je ne sais quoi encore…

On ne va pas se mentir, on est plus souvent attiré par l’image d’une marque en s’attachant dans un premier temps bien plus aux aspects technologiques et interactifs du GPS qu’au type de cartographie.

Surtout que nos fabricants regorgent d’ingéniosités pour mettre en avant le Bluetooth, le WIFI, ANT+ et la communication avec le smartphone sans nous présenter la carte du GPS. Mais en fonction de votre pratique route ou VTT, le type de cartes pourrait s’avérer un précieux allié durant le guidage.

Vous l’aurez compris, il me semblait important de traiter ce point, de vous aiguiller et de vous donner mon analyse sur ce sujet qui mérite qu’on s’y arrête sérieusement.

Chez l’ensemble des marques, on retrouve un tronc commun, c’est la présence quasi systématique de la carte OSM dans les GPS. A ma connaissance, seule une marque Hammerhead utiliserait une topo Google Map dans son GPS.

Les marques GARMIN ou TWONAV utilisent des fonds de cartes dans leurs GPS exploitables respectivement avec des logiciels tels que BASECAMP ou LAND. Ces logiciels vous permettront de créer, modifier et analyser vos enregistrements.

Carte IGN TWONAV raster Carte TOPO V4 Garmin vectorielle

Toutes les marques n’ont pas fait le même choix concernant les cartographies entre les payantes, les gratuites et les collaboratives. Posons les bases du champ lexical bien spécifique à nos GPS entre raster, vectorielle, OSM, OSM enrichi par les marques et les cartographie TOPO.

On trouve un point commun à toutes les marques, c’est la présence généralisée de la cartographie Open Street Map par défaut dans les GPS.

Mais une petite révolution se prépare avec l’arrivée de Google Map qui va bientôt faire son apparition comme cartographie sur certains GPS. La présence d’androïde Wear et d’une puce GSM permettra au GPS de disposer d’une cartographie mondiale et d’une mise à jour en temps réel.

« Cette dernière sera intéressante pour les routiers,

un peu moins pour les VTTistes »

On vient de mettre le doigt sur l’un des gros problèmes des cartes, c’est justement la mise à jour des données. On en reparlera plus bas.

CE QU’IL FAUT SAVOIR DES CARTOGRAPHIES

Open.Street.Map

OpenStreetMap (OSM) est un projet international fondé en 2004 dans le but de créer une carte libre d’accès disponible gratuitement et couvrant le monde. Il collecte des données dans le monde entier concernant les routes, chemins, sentiers, voies ferrées, les rivières, les forêts, les bâtiments et bien plus encore !

Les marques de GPS utilisent aujourd’hui O.S.M brut ou enrichi (Garmin, POLAR, WAHOO, TwoNav, MIO) comme cartographie préinstallée avec des spécificités.

Comment puis-je contribuer ?

Si vous cherchez le site pour éditer, c’est par ici : http://openstreetmap.org/ Attention, votre travail doit être soigné, puisqu’il sera accessible dans le monde entier.

Cette carte est utilisable avec les logiciels : Basecamp chez Garmin, LAND chez TwoNav et sur des sites web comme Openrunner, VTTrack et bien d’autres encore.

Mise à jour en temps réel et gratuite.

TOPO V4 exclusivement chez Garmin

Cette cartographie est une exclusivité de chez Garmin. C’est sûrement aujourd’hui l’une des meilleures cartes pour les GPS. Elle regorge de chemins, sentiers et d’une multitude d’informations, parcours IGN, lieux-dits, parcours balisés FFTC, etc.

Cette carte est utilisable avec le logiciel gratuit Basecamp.

Pas de mise à jour. Il faudra acheter la nouvelle version pour bénéficier des dernières nouveautés.

 

CARTE IGN chez TwoNav ou dans les applications pour smartphones.

Est-il nécessaire de présenter les cartes IGN ? On retrouve dans le GPS les mêmes informations et le même niveau de détails se trouvant sur une carte papier.

Pas de mise à jour. Il faudra acheter la nouvelle version pour bénéficier des dernières nouveautés.

CARTE VECTOREILLE

Les cartes vectorielles ne sont pas issues d’une simple numérisation des cartes papier comme peuvent l’être les cartes IGN. L’ensemble des symboles clés caractérisant la carte sont stockés sous forme d’objets auxquels on peut associer des caractéristiques particulières pouvant être interprétées par le programme de navigation. On dit parfois que ces cartes sont « intelligentes » dans la mesure où elles peuvent interpréter les données par les logiciels de navigation et permettre à celui-ci de s’adapter en fonction des éléments se trouvant en mémoire sur la carte : chemins, routes, sentiers, etc.

Avantages :

  • La fonction zoom (agrandissement/réduction) ne modifie pas la dimension des éléments rapportés sur la carte (noms, marques, etc.), les informations « textes » sont toujours dans une taille optimisée.
  • Haute précision : certaines cartes vectorielles sont capables d’une précision de 20 m sur nos GPS.
  • Des informations additionnelles peuvent être stockées directement dans les données (Parcours FFTC, …).
  • Côté dynamique : possibilité de paramétrer les cartes et de filtrer les données afin de se rendre à un point avec un guidage.
  • Le logiciel du GPS peut interpréter les données de la carte pour proposer des parcours (GPS de chez MIO et de chez GARMIN) ou d’adapter lorsque vous êtes hors parcours.
  • Gratuit pour OSM et régulièrement mise à jour.
  • Installée sur pratiquement tous les GPS modernes et quel que soit la marque.
  • Richesse des informations sur la TOPO V4 de chez GARMIN.

Inconvénients :

  • L’aspect des cartes vectorielles n’est pas toujours très esthétique surtout pour la version OSM. Pas de différence entre une forêt et un verger.
  • Le prix pour la cartographie de TOPO V4 de 150 à 300€.

CARTE RASTER

La carte IGN est de type raster, c’est une image obtenue par numérisation des cartes papier, puis géo référencée importable dans les GPS de chez TWONAV, GARMIN, BRYTON RIDER 60.

Comme toute numérisation, on peut observer une petite perte de qualité sur nos GPS. Ce type de carte n’est pas vectorielle. Le GPS ne pourra pas vous proposer un calcul d’itinéraire pour vous remettre sur votre parcours ou de vous proposer trois parcours comme chez MIO, GARMIN.

Avantages :

  • Reproduction fidèle des cartes papier IGN.
  • Même typographie « graphisme, symbolique » que les cartes papier.
  • Facilité de visualisation.
  • Utilisable avec certains logiciels « Land de chez TwoNav, Cartoexplorer 3 »

Inconvénients :

  • Pixellisation sur les zooms importants sur les GPS comme sur les ordinateurs.
  • Prix en fonction des marques et de la couverture (Département, Région ou France entière). (Jusqu’à plus de 2300€ pour la France entière sur certains logiciels). Il faut compter 300 € pour la France entière pour un GPS.
  • Pas transférable d’une marque à l’autre.

POUR LA NAVIGATION, LA CARTE A-T-ELLE UNE IMPORTANCE ?

Avant de répondre à cette question, il est important de s’intéresser à l’écriture d’un fichier .GPX afin de mieux assimiler les subtilités et les relations avec nos différentes cartographies « raster ou vectorielle ».

Exemple du contenu d’un fichier GPX :

Pour faire très simple, le fichier est découpé en deux parties.

1 / Cette partie est en relation avec les informations généralistes des fichiers «.GPX » où l’on retrouve la marque du GPS générateur du .gpx dans le cas d’un enregistrement. On peut retrouver également le nom du site ou du logiciel sur lequel vous venez de créer ou de modifier votre parcours. L’organisation de la tête « head » et la nature du fichier est relativement identique d’un GPS ou d’un logiciel à l’autre.

2/ La deuxième partie est bien plus importante pour le GPS et encore plus pour les cartographies vectorielles. C’est avec ces données que le GPS va pouvoir vous guider ou vous permettre de suivre votre parcours. On retrouve votre position latitude, longitude, ainsi que votre élévation. Sur un enregistrement, on retrouvera également des données de temps, vitesse, cadence, cardio, etc. si vous avez jumelé des capteurs à votre GPS. (On ne retrouve pas enregistrées les données des transmissions DI2).

Le guidage du GPS va consister à vous envoyer d’un <trkseg></trkseg> à l’autre tout au long du parcours.

<trk>

<name>actuduvttgps: fichier GPX</name>

<trkseg>

<trkpt lat="49.275670" lon="1.191350">

<ele>49</ele>

<time>2016-11-30T19:50:24Z</time>

</trkpt>

<trkpt lat="49.275460" lon="1.186590">

<ele>76</ele>

<time>2016-11-30T19:52:24Z</time>

</trkpt>

<trkpt lat="49.275010" lon="1.186670">

<ele>75</ele>

<time>2016-11-30T19:54:24Z</time>

</trkpt>

Vous l’aurez compris, la navigation et la cartographie n’ont pas la moindre relation. Vous pourriez tout à fait vous passer de fond de carte dans votre GPS et vous laisser guider.

« Je me souviens d’avoir roulé longuement dans les gorges de l’Ardèche de St Martin d’Ardèche – Vallon Pont d’Arche – St martin d’Ardèche en n’ayant pas le moindre fond de carte sur un GARMIN EDGE 605. Ce ne fut pas ultra confortable, mais je suis revenu à bon port… »

Prioritairement, la cartographie vous permet d’apprécier le relief du terrain toujours pratique pour gérer son effort. Elle est surtout appréciable pour se repérer dans l’espace.

Prenons un exemple concret : les singles ne sont jamais représentés sur les TOPO V4 ou IGN et pourtant, le GPS va vous guider sur toute la longueur des nombreux singles que peut contenir votre parcours.

« Cartes vectorielle et raster,

elles n’ont pas la moindre importance durant le guidage ».

FONCTION ALLER/RETOUR ET CONTOURNEMENT

Certains GPS chez GARMIN et MIO sont capables de recalculer une partie d’un itinéraire durant le guidage grâce aux informations contenues dans la cartographie. Seules les cartes vectorielles ont cette capacité. Vous devez tout de même rester vigilant avec les choix proposés par le GPS, il peut vous envoyer en sous-bois tout en ayant défini une utilisation vélo de route et quel que soit le type de carte.

Pour les cartes raster, c’est à vous de jouer avec le zoom et de faire vos propres choix. C’est également possible avec les cartes vectorielles. Il suffit de désactiver la fonction recalculer sur le GPS dans les réglages de navigation (uniquement chez Garmin).

LOGICIEL DE CARTOGRAPHIE ET NOS GPS

Voici l’un des critères qui peut retenir votre attention : la mise à disposition d’un logiciel compatible avec la marque de votre GPS. Disposer d’une cartographie dans son GPS s’avère bien utilise pour suivre un parcours et s’orienter. C’est encore plus appréciable, lorsque la carte présente dans votre GPS est compatible avec un logiciel de la marque. GARMIN et TWONAV dispose l’un et l’autre d’un logiciel totalement compatible avec les cartographies présentes dans les GPS.

Pour TwoNav, son logiciel « Land 8.2 » permet d’envoyer un ou des parcours, d’analyser vos enregistrements et permet de mettre à jour votre GPS. Ce qui est bien pratique.

Seul petit bémol, ce logiciel est payant. Par contre, Il est en promo à -50 % lorsque vous achetez l’un des GPS de la marque.

Pour Garmin, son logiciel « Basecamp » regorge de fonctionnalités, puisqu’il est possible de créer, modifier, envoyer, analyser et partager vos plus belles randonnées dans « Aventures Garmin ».

Il est possible d’utiliser toutes les cartes mises à disposition gratuitement et payantes chez Garmin. Dans rechercher, il est possible de trouver des parcours d’un tiers avec la liaison Garmin Connect et dans pistes nommées. Vous disposez même un cloud personnel.

L’absence de logiciel pour les autres marques n’est pas un point négatif en soit. Internet regorge de sites vous permettant de tracer ou modifier des parcours. Avec les applications mises à disposition par les marques, il est également possible d’envoyer des parcours ou des itinéraires (d’un point A à B) vers votre GPS.

Maintenant vous savez l’essentiel et vous pourrez choisir l’esprit tranquille votre prochain GPS.

Voici un tableau avec les différentes cartes par marque et mon avis

>>> CARTOGRAPHIE EN FONCTION DES MARQUES <<<

(Cliquez sur le lien ci-dessus)

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